Le photon est sans masse,
n'a pas de charge électrique8 et ne se
désintègre pas de façon spontanée dans le
vide. Un photon a deux états de polarisation
possibles et est décrit par trois paramètres
continus: les composantes de son vecteur
d'onde, qui déterminent sa longueur d'onde λ
et sa direction de propagation. Les photons
sont émis à partir de plusieurs processus,
par exemple lorsqu’une charge est accélérée,
quand un atome ou un noyau saute d’un niveau
d'énergie élevé à un niveau plus faible, ou
quand une particule et son antiparticule
s'annihilent. Des photons sont absorbés par
le processus inverse, par exemple dans la
production d’une particule et de son
antiparticule ou dans les transitions
atomique et nucléaire vers des niveaux
d’énergie élevés.
Comme le photon est sans
masse, le photon se déplace dans le vide à
la vitesse c (la vitesse de la lumière dans
le vide) et son énergie E et la quantité de
mouvement p sont reliées par E = c•p. En
comparaison, l’équation correspondante pour
des particules de masse invariable m serait
,
comme démontré en relativité restreinte.
L’énergie et la quantité de mouvement
dépendent seulement de sa fréquence ν, ou de
façon équivalente, sa longueur d’onde λ :
Et conséquemment la quantité de mouvement
est où(
constante de Dirac ou constante de Planck
réduite); est le vecteur d’onde (avec le
nombre d’ondecomme
amplitude) et
est
sa fréquence angulaire. Noter que pointe
dans la direction de propagation du photon.
Le photon est aussi caractérisé par son spin
qui est indépendant de sa fréquence.
L'amplitude du spin est
et
la composante mesurée dans la direction de
propagation, son hélicité, doit être
. Les deux hélicités possibles correspondent
aux deux états possibles de polarisation
circulaire du photon (horaire et
anti-horraire).
Pour illustrer
l’importance de ces formules, l’annihilation
d’une particule et de son antiparticule doit
avoir pour résultat la création d’au moins
deux photons pour les raisons suivantes.
Dans le référentiel du centre de masse, les
particules entrant en collision n'ont pas de
quantité de mouvement, alors qu’un seul
photon a toujours une certaine quantité de
mouvement. La loi de conservation de la
quantité de mouvement nécessite donc qu’au
moins deux photons soient créés, avec une
quantité de mouvement nette nul. L’énergie
des deux photons peut être déterminée en
respectant les lois de conservation. Le
processus inverse, la création de paires,
est le mécanisme dominant par lequel des
photons de haute énergie (comme les rayons
gamma) perdent leur énergie en passant à
travers la matière.
Les formules classiques
de l’énergie et de la quantité de mouvement
des radiations électromagnétiques peuvent
être ré-exprimés en terme d’évènements
reliés aux photons. Par exemple, la pression
des radiations électromagnétiques sur un
objet provient du transfert de quantité de
mouvement des photons par unité de temps et
de surface de cet objet.
Les travaux de la fin du XIXe et du
début du XXe siècle (notamment de
Heinrich Hertz sur l'effet
photoélectrique et de Max Planck sur le
rayonnement du corps noir en 1900)
montrent que la matière reçoit ou émet
de l'énergie électromagnétique de valeur
bien déterminée exclusivement par
paquets (ou quantas). Le concept de
photon est imaginé par Albert Einstein
en 1905. Cependant la notion de photon
initialement critiquée par Planck reste
discutée en raison de l'absence d'une
équation de Schrôdinger permettant de
trouver une probabilité de présence du
photon. Cette absence est habituellement
comblée par l'utilisation peu
satisfaisante des équations de Maxwell.
Il est maintenant admis que, perturbé
par un champ électromagnétique, un atome
entre dans un "état habillé", non
stationnaire, en absorbant, conformément
à l'hypothèse de Planck, un quantum
d'énergie à la fréquence de l'onde;
lorsque l'atome revient à son état
stationnaire, son excédent d'énergie
peut être transformée en une énergie
cinétique d'un électron. Ainsi
l'existence du photon n'est pas
indispensable à l'interprétation de
l'effet photoélectrique. La non
quantification du champ
électromagnétique résout élégamment le
paradoxe EPR.
Le photon a originallement été appelé «
quanta de lumière » (das Lichtquant) par
Albert Einstein3. Le nom moderne «
photon » est derivé du mot grec qui
signifie lumière, φῶς, (translittéré
phos), et a été choisi en 1926 par le
chimiste Gilbert N. Lewis, dans la
publication d'une théorie spéculative4
dans laquel les photons étaient «
incréable et indestructible ». Bien que
la théorie de Lewis ne fut jamais
acceptée, étant contredite par plusieurs
expérimentations, son nouveau nom,
photon, fut adopté immédiatement par la
communauté scientifique.
En physique, un
photon est représenté par le symbole ,
la lettre grec gamma. L'utilisation de
ce symbole pour le photon provient
probablement des rayons gamma, qui
furent découvert et nommé en 1900 par
Paul Ulrich Villard56. En 1914,
Rutherford et Edward Andrade7
démontraient que ces rayons gamma
étaient une forme de lumière. En chimie
et en optique, les photons sont
habituellement symbolisés par ,
l'énergie du photon, où est la constante
de Planck et la lettre grec (nu) est la
fréquence du photon. A l'occasion, le
photon peut être symbolisé par hf, où sa
fréquence est identifié par f.
De la lumière
monochromatique de fréquence ν
est constituée de photons
d'énergie E :
et de quantité de mouvement (ou
impulsion) p :
h étant la
constante de Planck (h =
6,626.10 − 34), c la vitesse de
la lumière dans le vide (c =
3.108) et λ la longueur d'onde
tel que
Il faut lever ici un paradoxe
apparent : si le photon est
monochromatique (une seule
longueur d'onde λ), cela devrait
être une sinusoïde infinie ; on
ne peut obtenir un paquet d'onde
que si l'on a un spectre d'une
certaine largeur (par exemple de
type gaussien). En fait, comme
tout phénomène quantique, il y a
une incertitude sur l'impulsion
p (donc une certaine largeur de
spectre) et sur la position x.
Le photon ne représente donc
qu'une seule longueur d'onde
(celle du maximum du spectre, la
sinusoïde inscrite dans
l'enveloppe), mais est en fait
décomposable en une
superposition de sinusoïdes de
longueurs d'onde voisines (via
une transformée de Fourier).
Le photon respecte le principe
d'incertitude d'Heisenberg : si
l'on connaît avec précision sa
position (c'est-à-dire que le
paquet d'onde est étroit, δx est
faible), alors l'incertitude sur
sa quantité de mouvement p, qui
se traduit par une dispersion de
longueur d'onde δλ, est
importante, car dépendant de
1/δx.
On peut relier ceci avec
l'étalement du paquet d'onde :
au moment de l'interaction, le
photon est bien localisé (δx
petit) donc la dispersion de la
quantité de mouvement est grande
(δλ grand). L'instant d'après,
la dispersion de quantité de
mouvement fait que le photon est
moins bien localisé, il s'étale
(δx est plus grand) ; sa « forme
» s'étant « rapprochée » de la
sinusoïde idéale, son spectre
s'est rétrécit (δλ est plus
petit). On peut voir
grossièrement δx comme le «
diamètre » du photon.
Lorsqu'ils se déplacent dans la
matière, les photons se
déplacent plus lentement que
dans le vide, la vitesse étant
déterminée par la valeur de
l'indice de réfraction de ce
milieu, qui lui-même dépend de
la fréquence ou la longueur
d'onde de cette lumière.
Selon les connaissances du XXIe
siècle, les photons sont des
particules élémentaires
d'énergie bien déterminée et de
masse au repos nulle. Selon la
théorie de la relativité
générale, les photons, malgré
leur masse au repos nulle, sont
soumis à la gravitation
puisqu'ils possèdent une énergie
non nulle (équivalence masse
énergie). Ceci a pu être
confirmé par des observations,
les plus spectaculaires étant
les lentilles ou mirages
gravitationnels. Notamment, à
l'occasion d'une éclipse
solaire, on a pu constater que
l'image des étoiles se déplaçait
lorsque le Soleil passait à
proximité de cette image ; ceci
s'explique par le fait que la
trajectoire des photons est
modifiée par la proximité du
Soleil. Cette observation, faite
en 1919, est une des première
confirmations expérimentales de
la théorie de la relativité
générale.
Source Wikimédia
La première
image que l'on a du photon est
la « bille de lumière », la
lumière serait composée de
grains qui voyageraient à 299
792 458 m/s (Vitesse de la
lumière).
Dans ce
modèle, un flux d'énergie
lumineuse donné est décomposé en
billes dont l'énergie dépend de
la longueur d'onde λ et vaut h.c/λ.
Ainsi, pour une lumière
monochromatique (c'est-à-dire
dont le spectre se résume à une
seule longueur d'onde), le flux
d'énergie est composé en
beaucoup de « petites » billes
si la longueur d'onde est grande
(du côté du rouge), ou de peu de
« grosses » billes si la
longueur d'onde est petite (du
côté du bleu) — les
qualificatifs « petit » et «
gros » ne sont pas relatifs à la
taille des billes, mais à la
quantité d'énergie qu'elles
comportent.
Si la lumière est composée de
plusieurs longueurs d'onde,
alors le flux d'énergie se
compose de billes de « grosseurs
» diverses.
Cette vision, simpliste selon
les normes actuelles, ne permet
pas d'expliquer correctement
toutes les propriétés de la
lumière.
Le photon est un concept pour
expliquer les interactions entre
les rayonnements
électromagnétiques et la
matière. Comme pour les autres
particules élémentaires, il a
une dualité onde-particule. On
ne peut parler de photon en tant
que particule qu'au moment de
l'interaction. En dehors de
toute interaction, on ne sait
pas — et on ne peut pas savoir —
quelle « forme » a ce
rayonnement. On peut imaginer
que le photon serait une
concentration qui ne se
formerait qu'au moment de
l'interaction, puis s'étalerait,
et se reformerait au moment
d'une autre interaction. On ne
peut donc pas parler de «
localisation » ni de «
trajectoire » du photon.
On peut en fait voir le photon
comme une particule quantique,
c'est-à-dire un objet
mathématique défini par sa
fonction d'onde qui donne la
probabilité de présence.
Attention à ne pas confondre
cette fonction et l'onde
électromagnétique classique.
Ainsi, l'onde électromagnétique,
c'est-à-dire la valeur du champ
électrique et du champ
magnétique en fonction de
l'endroit et du moment ( et ), a
donc deux significations :
macroscopique : lorsque le
flux d'énergie est
suffisamment important, ce
sont les champs électrique
et magnétique mesurés par un
appareil macroscopique (par
exemple antenne réceptrice,
un électroscope ou une sonde
de Hall) ;
microscopique : elle
représente la probabilité de
présence des photons,
c'est-à-dire la probabilité
qu'en un endroit donné il y
ait une interaction
quantifiée (c'est-à-dire
d'une énergie hν
déterminée).
On peut représenter au premier
abord les photons par des
paquets d'onde : l'onde
électromagnétique n'est pas une
sinusoïde d'extension infinie,
il y a une enveloppe d'amplitude
importante encadrée par d'autres
enveloppes nettement moins
significative.
le paquet
d'onde, un modèle du photon : on
a une onde monochromatique de
longueur d'onde λ inscrite dans
une enveloppe de largeur finie.
Ce modèle est insuffisant. En
effet, dans une telle
configuration, le photon devrait
s'élargir au fur et à mesure de
sa progression (on parle de l'«
étalement du paquet d'onde »),
l'énergie devrait être de moins
en moins concentrée. Or, on
constate que même après un
trajet interstellaire de
plusieurs milliers d'années
lumière, les propriétés des
photons sont exactement les
mêmes.